
Lundi 2 Juin 2008, Christian accompagné de Jérôme Latrive s’envole pour l’Azerbaïdjan pour chasser le Tur du Caucase, animal faisant partit de la famille des bouquetins.
Après le vol Paris Istanbul Bakou
puis 5 heures de voiture, les guides et les chevaux attendent déjà au camp de
base, à 1 100 mètres d’altitude. Changement rapide de vêtements et de
chaussure, déjeuner puis 4 heures de cheval pour rejoindre un autre petit camp,
situé cette fois ci à 2 520 mètres d’altitude. Un bon orage nous accueille
et nous force déjà dès notre arrivée à nous changer à nouveau. A ce rythme nous
n’aurons plus longtemps de vêtements secs ! L’orage passe, ce qui nous
autorise une première sortie le soir même où nous pourrons observer environ 80
Turs mais tous trop loin pour « attaquer » une première approche. Les
guides nous expliquent que les Turs descendent du haut de la montagne (qui
culmine à environ 3 500 m) pour profiter de l’herbe verte plus appétissante
à cet endroit. Cette sortie est aussi l’occasion de se mettre un peu en
condition, de confirmer qu’à 2 500 m on s’essouffle très vite et que ces
montagnes sont très escarpées. Ceux qui ont le vertige s’abstiendront de
chasser le Tur !
Le lendemain matin, notre équipe est « bloquée » au campement car il pleut et la visibilité est par conséquent quasi nulle. L’après midi la pluie s’arrête enfin, une première éclaircie survient mais malheureusement de trop courte durée. La pluie retombe de plus belle ! C’est un peu déprimant mais cela fait partit des aléas de la chasse en montagne, il faut être prêt à ce cas de figure.
En fin d’après-midi la pluie s’arrête à nouveau et le soleil commence à percer la couche nuageuse, toute l’équipe est déjà partie, pressée de passer à l’action. Non loin du camp et au même endroit que la veille on peut observer plusieurs groupes de Tur mais cette fois-ci nous avons plus de temps et les guides veulent tenter une approche sur un groupe de 40 animaux (dont 6 mâles adultes) situé sur l’autre versant, à environ 800 mètres. Il faut rebrousser chemin et contourner la montagne pour arriver à bon vent et à une distance de tir respectable. L’équipe grimpe, descend, emprunte des passages très étroits puis s’arrête pour reprendre son souffle. Les visages sont rouges mais remplis d’espoir. Les guides sont parfaitement à l’aise, nous un peu moins ! Le brouillard va et vient ce qui facilite probablement l’approche.
Apres 2 heures de marche les
guides se couchent brutalement dans l’herbe, malheureusement pas très haute. Fabuleux,
les Turs sont devant nous, les plus prêt à environ 60 mètres. Grâce au
brouillard ils ne nous ont pas vu venir. Les mâles sont un peu plus bas, il
faut donc essayer de redescendre un peu, le plus doucement possible sur environ
30 mètres pour s’offrir une chance de tirer. Les derniers mouvements attirent
l’attention de quelques membres du groupe, Il faut se dépêcher. Le chasseur se
met en position et le guide lui indique l’animal à prélever. Seulement les Turs
n’arrêtent pas de bouger et celui indiqué n’est pas dans la bonne position.
Puis soudain le brouillard bien installé en contre bas remonte rapidement, dans
quelques secondes on ne verra plus rien, déjà les premiers Turs ne sont plus
visibles, il faut tirer immédiatement. Le coup de carabine sème la panique et
le groupe plonge dans le brouillard, les éboulis de pierre provoqués par les
animaux nous situent l’axe de leur fuite. Ils réapparaissent moins de 5 minutes
après sur le vallon opposé, désormais ils marchent et vont bientôt passer de
l’autre coté de la montagne, aucun ne semble blessé. L’animal n’a pas accusé le
coup et les guides pensent que Christian a manqué. Bien que l’angle de tir
n’était pas facile Christian est surpris car il était en bonne position, à une
distance très raisonnable (moins de 100 mètres) et il tire généralement bien. Jérôme
quant à lui pense avoir entendu l’impact de la balle dans l’animal….Le brouillard
est désormais trop épais et il va bientôt faire nuit, il faut rentrer. Le
retour, en partie de nuit, parait plus long qu’à l’aller. L’ambiance est
maussade et chacun revoit le film de cette fabuleuse chasse malheureusement non
récompensée. Un dîner chaud nous réconforte un peu puis nous rejoignons nos
tentes et nous nous enfonçons dans nos sacs de couchage pour une nuit qui va s’avérer
être la plus froide. Car au réveil l’herbe est gelée, mais la bonne nouvelle
est que les nuages sont partis et qu’il fait beau.
Notre chef cuisinier nous prépare un bon petit déjeuner puis le guide insiste pour que Christian tire une balle sur cible pour s’assurer à nouveau que la carabine ne soit pas déréglé, ce que nous avions déjà fait le premier jour. Christian s’exécute sur une cible à 200 m et nous démontre à nouveau que son arme est parfaitement réglée. Nous repartons à la chasse en passant non loin du lieu où a été tiré le Tur la veille. Deux des guides sont partis bien avant nous pour chercher un éventuel indice d’un animal blessé, nous les observons de la montagne opposée lorsque le talkie walkie se met à grésiller. Nous ne comprenons pas la conversation mais nos yeux sont instinctivement attirés par une tache marron claire vers laquelle les deux « chercheurs » se dirigent. Dans les jumelles notre Tur est là, couché sur le flanc, mort à 200 mètres du lieu du tir. La veille le brouillard avait caché notre Tur, déjà mort.
Commentaires de GP : Les Azéris se sont montrés tout au long de ce séjour bons chasseurs, sympathiques et très professionnels dans tous les domaines (accueil à Bakou, transferts, chasse, hébergement, etc.). Le camp est rustique comme souvent en montagne mais nous avons toujours été au sec et très bien nourris. La densité d’animaux est bonne et offre une « quasi » garantie de tir, mais seulement pour ceux qui sont aguerris à la chasse en haute montagne et « prêt » physiquement à marcher en altitude pendant de nombreuses heures. Nous avons chassé en permanence entre 2400 et 2800 mètres d’altitude.
Conseils de GP : chasser au mois d'août où les animaux à cause de la chaleur descendent des cimes et rendent les approches « un peu plus accessibles ».
Commentaires du chasseur : « c'est une vraie chasse qui demande d'être opiniâtre, très bien entraîné physiquement, d'autant que l'altitude et les conditions météo peuvent vous empêcher de dormir la nuit et donc vous fragiliser. Le voyage a été très bien organisé, sans aucune faille quant à la qualité des prestations, la gentillesse et la prévenance des guides et organisateurs.
Une très belle destination pour des chasseurs en quête de sensations. »
Conseils du chasseur : « Des approches à distance raisonnable peuvent être faites : dites que vous ne pouvez pas tirer à plus de 2OO mètres, sinon le guide se contentera de vous amener à 3OO/4OO mètres : m'étant trouvé en situation de tirer à plus de 5OO m, chose que j'ai refusée, il est extrêmement difficile d'identifier le bon animal à de telles distances »
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